Pouvoir d'achat
Loin de répondre aux attentes des français qui éprouvent au quotidien la baisse du pouvoir d’achat, Nicolas Sarkozy s’est moqué des salariés en annonçant des mesurettes et en énonçant des contre-vérités.
Pourtant tous les chiffres le montre, le pouvoir d’achat des français est en
chute libre.
L’augmentation du nombre de salariés au SMIC a doublé depuis 2002. Ce sont
ainsi 15% des salariés qui gagnent environ 1000€ par mois.
De plus, 1,5 millions de salarié sont sous le seuil de pauvreté (soit 817€ par mois).
L’INSEE, dans son enquête Les salaires en France, de 2007, démontre que le
revenu salarial stagne depuis le début des années 80. Prenant en compte les
salariés à temps partiel, ce nouvel indice démontre que la multiplication des contrats
précaires (le travail à temps partiel a presque doublé depuis le début des années 80) est
la cause de cette stagnation.
Les plus touchés par la précarisation du travail : les jeunes, les femmes, les
ouvriers, sont les premières victimes de la baisse du pouvoir d’achat.
Tout le monde n’est pas logé à la même enseigne et de fortes disparités existent.
Car si la France occupe le 14e rang européen du salaire médian, elle est au
premier rang pour les salaires des cadres dirigeants. C’est donc bien que les
richesses ne sont pas réparties correctement.
Qu’a fait la droite pour répondre à cette situation ? Loin de répondre aux attentes
des français en matière de pouvoir d’achat, la politique de la droite et de Nicolas
Sarkozy ne s’adresse qu’aux plus favorisés, et ne fait qu’accroitre les inégalités.
Toutes les propositions de la droite tendent à mettre en application le mensonge
de campagne de Nicolas Sarkozy : « Travailler plus pour gagner plus ». Entre mensonge
et dispositions qui existent déjà, le pouvoir d’achat n’est pas prêt d’augmenter.
Le refrain commence à être connu : si le pouvoir d’achat des français n’augmente
pas pour Nicolas Sarkozy c’est de la faute des 35 heures. Il propose donc que si les
entreprises trouvent un accord majoritaire avec les syndicats, elle puisse s’exonérer des
35h. C’est pourtant une mesure que la droite à déjà mis en place et qui ne fonctionne
pas. Travailler plus serait aussi de travailler le dimanche et donc revenir sur un acquis
social majeur des salariés.
Pour Nicolas Sarkozy, les salariés bénéficieraient de RTT à ne plus savoir qu’en
faire. Rappelons que lorsque les 35 heures ont étés mises place, le but n’était pas de
créer des RTT mais des emplois ce qui a été le cas. Il propose d’échanger les RTT contre
rémunération. En réalité d’augmenter son temps de travail en espérant gagner
davantage. Cette mesure existe déjà, mise en place dans « le compte épargne temps »
et permet surtout de fausser le compte des heures supplémentaires pour les salariés.
Permettre aux salariés d’effectuer des heures supplémentaires est le leitmotiv de
la droite pour donner l’illusion aux salariés qu’ils vont pouvoir gagner plus. En faisant
croire que le salarié a le choix de demander des heures supplémentaires, Sarkozy se
moque des français. Ce n’est en aucun cas le salarié qui décide de ces horaires de
travail mais bien le patron dans l’entreprise.
Par ailleurs revenir sur les 35 heures, permettre les heures supplémentaires est
une aberration : cela ne fait qu’augmenter le chômage dans le pays. Car en faisant
effectuer des heures supplémentaires aux salariés, ce sont autant de chômeurs qui
restent sur la touche.
En ne voulant pas régler le problème du chômage Sarkozy choisit aussi de
ne pas s’attaquer au pouvoir d’achat. Plus le chômage est important, plus cela fait
pression sur les salaires et les conditions de travail. Le salarié n’est pas en position de
force quand plusieurs milliers de chômeurs sont disponibles pour occuper son emploi.
Pourtant le grand absent des propositions du Président de la République est bien
la question des salaires. Pour nous, l’augmentation des salaires est pourtant bien
la question centrale du pouvoir d’achat.
Pour cela, il existe plusieurs leviers. Contrairement à ce qu’avance Nicolas
Sarkozy, « je ne peux pas moi-même décider d’une augmentation des salaires », l’Etat,
en tant qu’employeur, doit donner l’exemple en augmentant directement les
salaires de la fonction publique. Plutôt que de chercher des dispositifs pour faire
travailler les fonctionnaires davantage en heures supplémentaires, il est urgent
d’augmenter leurs salaires et d’embaucher massivement.
Il faut, par ailleurs, augmenter le SMIC, cela jouant mécaniquement sur
l’augmentation de l’ensemble des salaires. Il est nécessaire d’organiser une conférence
sur les salaires avec l’Etat et les partenaires sociaux, avec pour but la fixation d’un taux
interprofessionnel de croissance des salaires.
Les heures supplémentaires doivent, par ailleurs, coûter plus cher à
l’entreprise que les heures normales et doivent être utilisées à titre
exceptionnel.
Cela permettra notamment de lutter contre le chômage et de ne plus avoir une telle
pression sur les bas salaires et les conditions salariales.
Sans augmentation des salaires, prétendre augmenter le pouvoir d’achat
est une imposture, et ce n’est pas avec la proposition de mettre en place un « indice
d’achat qui correspond à la vie des français » que cela sera différent.
Cependant, il y a d’autres leviers sur lesquels on peut s’appuyer. Nous devons agir sur
les dépenses incompressibles des français.
Face à la hausse du prix du baril de pétrole, il faut mettre en place la TIPP
flottante. En effet, cette taxe, contrairement à celle en vigueur, évolue en fonction du
prix du pétrole dont le consommateur n’est pas directement tributaire.
Pour contrer l’augmentation des loyers, les gadgets annoncés par Nicolas Sarkozy
ne seront pas suffisants. Permettre de ne plus payer de caution, réduire à un mois le
délai de garantie, ou indexer les prix des loyers non plus sur l’indice de construction mais
sur l’indice des prix : cela permettra peut-être de ralentir la hausse des loyers mais ne
résoudra pas la crise du logement.
Il faut encadrer davantage les loyers de manière plus volontaire et s’attaquer à la
spéculation dans le secteur de l’immobilier.
Les transports sont un handicap pour nombre de salariés. En mettant en place
un chèque transport, financé par une taxe sur les super-profits des entreprises
pétrolières, permettrait de palier aux difficultés de déplacement.
En matière de pouvoir d’achat, la droite a offert le paquet fiscal aux plus riches dès cet
été. Pour la grande majorité des Françaises et des Français, Nicolas Sarkozy ne propose
que des miettes.
